Quand un vernissage change une vie (Archibald & Oxana)

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Emploi/Études : prostituée, serveuse pour quelques extra et étudiante en Histoire de l'Art
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Archibald & Oxana

Quand un vernissage change une vie


"Tout est prêt ? Vous pensez qu’il va y avoir du monde ce soir pour l’inauguration ?" Dis-je d’une voix un peu stressée. Je ne suis pas une habituée de ce genre de situation, il ne m’arrive pas souvent de choses positives dans ma vie. Je ne vais pas aller jusqu’à dire qu’il ne m’arrive jamais rien de bien, ce serait mentir, mais disons que niveau galères, je suis plutôt bien placée dans la liste des grands chanceux. Fille de prostituée, je n’ai jamais connu mon père, ma mère rentrait souvent tard le soir ou tôt le matin, parfois dans un état catastrophique. On n’avait pas un rond, on vivait dans un petit appartement miteux et je savais que je n’aurais jamais la chance de connaître une vie normale. J’étais le fruit d’un accident, on ne peut pas réellement dire que j’avais été désiré mais je sais malgré tout que quand ma mère a appris sa grossesse, elle en était heureuse. Apeurée, que son patron le découvre, mais heureuse de pouvoir donner la vie et être importante pour quelqu’un dans ce bas monde. La maladie l’a frappé quand j’avais 13-14 ans et je l’ai vu souffrir, jusqu’à s’éteindre quand j’avais 17 ans. J’ai choisi de devenir prostituée pour pouvoir aider ma mère a financer son traitement, ce qui lui a brisé le coeur, on ne va pas se mentir. Bref, ma vie est une succession d’emmerdes en tout genre, mais cela n’a jamais terni ma bonne humeur et ma foi en l’humanité. J’ai envie de croire en un monde meilleur et de voir le bon côté de la vie. Oui, j’ai toujours vécu dans la misère, mais je m’en suis toujours bien sortie finalement. Jamais d’overdose, jamais de MST, même si j’ai eu peur à plusieurs reprises, un seul avortement - qui me pèse encore sur le coeur - j’ai eu une enfance peut-être un peu particulière mais j’ai obtenu tout l’amour d’une mère et j’ai pu m’intégrer dans la société comme n’importe quelle personne. Aujourd’hui je suis mon rêve d’ouvrir une galerie d’art et pourquoi pas faire connaître mes propres peintures, ma meilleure amie est là depuis le début et me soutient dans chacune de mes décisions. Non, vraiment, j’ai de la chance dans mon malheur.

Ce soir est le vernissage de ma toute première exposition de peinture. Je sais pertinemment que sans mon professeur de dessin, je n’en serais pas là aujourd’hui. Il prétend que le mérite ne revient qu’à moi mais s’il ne croyait pas en moi, je n’aurais jamais obtenu cette exposition. La galerie est assez petite, on est loin des belles galeries dans le centre ville mais c’est un début, on ne va pas jouer les difficiles. Et puis j’y suis déjà allée plusieurs fois et souvent on peut y trouver quelques toiles ou sculptures vraiment très belles. La propriétaire est une femme d’un certain âge, assez franche mais honnête. Visiblement elle connaît mon professeur de dessin depuis de nombreuses années, ils étaient à l’université ensemble. Elle m’a donné quelques conseils pour améliorer ma peinture et même si ça peut paraître un peu vexant sur le coup, on a tous un égo mal placé, on ne va pas se mentir, je sais qu’elle a raison et qu’elle a mis le doigt sur mes plus grosses difficultés. Néanmoins elle trouve mon coup de pinceau intéressant, le choix de mes couleurs harmonieux et il en ressort, selon elle, une certaine sérénité. La propriétaire me rassure en me disant que tout était en place. On venait d’installer la dernière toile, le buffet était arrivé et il ne manquait plus que les gens. Elle me conseillait de rentrer chez moi pour me changer et prendre une bonne douche relaxante. Ce soir était mon soir, selon elle, j’allais briller de mille feux. "Merci beaucoup de tout ce que vous faites pour moi ! Je ne l’oublierais pas !" Dis-je avant de m’en aller. Je sais que si je viens à vendre une toile, elle prendra une commission dessus, mais c’est un marché totalement raisonnable, je ne vois absolument pas le problème, il faut bien qu’elle rentabilise les dépenses qu’elle a faite, même si cela lui fait de la pub immanquablement.

Mon coeur bat la chamade mais j’essaye de ne rien en laisser paraître. J’ai l’habitude d’être au centre de l’attention, j’ai deux métiers qui m’ont offert l’expérience nécessaire pour supporter cette pression. Mais là où ça peut-être désagréable avec un client, c’est plutôt agréable ce soir. Les gens me sourient, me félicitent pour mon travail, me complimentent, me parlent comme une égale, c’est vraiment grisant. Je papillonne de groupe en groupe pour vendre un peu mon travail, expliquer l’idée initiale d’un tableau, le choix des couleurs, la technique utilisée. Mais cet exercice est fatiguant, alors je prends une pause. Je ne veux pas m’emmêler les pinceaux, commencer à raconter n’importe quoi et apparaître comme une parfaite débile ou amatrice. Bon, c’est ce que je suis, c’est ma première exposition, mais je ne veux pas que ça se ressente. J’aurais aimé que Megsie soit là ce soir, mais elle travaille. Elle m’a promis que si elle arrivait à se libérer, elle viendrait me voir, mais je n’y crois pas trop. Non qu’elle ne soit pas le genre de personne à tenir ses promesses, mais je sais qu’un samedi soir, elle va avoir beaucoup de monde et qu’il est peu probable que son patron la laisse partir comme ça ou qu’il arrive à trouver quelqu’un pour la remplacer au pied levé. Mais ce n’est pas grave, elle viendra la voir demain, tranquillement, ça sera tout aussi bien ! Je fixe ma toile préférée. C’est une silhouette de femme nue, de dos, allongée. La technique utilisée rend la femme flou, vaporeuse, presque irréelle. Elle est moi, Meg ou toutes les filles qui font notre boulot. Elle est maltraitée par la vie et ne rêve que de disparaître. Elle existe sans vraiment exister. Seule la femme est pâle, presque fantomatique, le reste du décors rayonne de couleur chaude et vive, comme si le monde était plus vivant qu'elle-même. Comme à chaque fois que je regarde cette toile, je plonge dans mes pensées, rêveuse ...



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Le jour s est levé sur une étrange idée. Je crois que j ai rêvé que ce soir je mourais.

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Ce n’est qu’après l’avoir fait une bonne dizaine de fois qu’il finit par se rendre compte qu’il faisait cliquer son stylo sans aucune raison. Il n’allait pas écrire, il n’avait pas écris, mais il avait un stylo à la main, un dossier ouvert sous les yeux, qu’il parcourait rapidement, sans pour autant rater une seule ligne, mais il venait, pour la dixième fois au moins, de faire cliquer son stylo. Et ça l’avait agacé lui-même. Comment avait-il pu faire ça. Où était l’utilité de faire ce geste absurde et typiquement humain ? Il n’y avait qu’eux pour appuyer sur le dessus d’un stylo dans un geste machinal sans se servir de l’objet tout de suite après.

Archibald leva les yeux. Devant lui, et autour de la table qu’il présidait, se trouvaient les actionnaires de Stanson Energy qui l’observaient avec attention. Tous étaient des Tysts, il n’avait pas voulu lâcher des parts de son entreprise à n’importe qui non plus. Aucun ne souriait, aucun de clignait des yeux. Tous semblaient attendre, avec une patience plus ou moins bien jouée, qu’il signe enfin ce fichu papier. Cela faisait des mois que les avocats et comptables en tout genre travaillaient sur ce nouveau contrat. Ce n’était pas grand-chose, un infime changement, un petit rien du tout, une simple ligne modifiée, mais qui pouvait tout changer. Pas pour lui certes, Archibald ne risquait rien. Non seulement il était l’actionnaire majoritaire de cette entreprise, qu’il avait si bien récupérée voilà ce ça plusieurs années, mais il la dirigeait aussi en tant que PDG. Rien ne pouvait lui arrivait et toute la décision lui revenait maintenant. Mais cette signature pourrait bouleverser l’ordre des choses, ici, au sein de l’entreprise.

Il cliqua encore une fois sur le stylo, cette fois pour le fermer, et le posa, sans avoir signé. Il vit des mâchoires se crisper. Pourtant, cela ne l’empêcha pas de se lever et de quitter la pièce sans aucun mot pour ses collègues. Parce que Stanson n’en avait rien à faire de ce que pouvaient bien penser cette armées de vipères assoiffées, parce qu’il se moquait bien de savoir qu’on allait le critiquer dans quelques secondes, parce qu’il se fichait éperdument que les autres actionnaires soient mécontents, mais il n’était pas question qu’il signe ce papier. Peut être juste parce que le fait de savoir que quelque chose allait changer, si infime soit-elle, le bouleversait plus qu’il n’aurait voulu le dire. Archibald aimait trop la routine, la perfection, les choses bien à leur place. Pour négocier le moindre changement, il fallait se lever tôt. Surtout en ce moment. Archibald était encore plus susceptible que d’habitude par rapport à tout cela et semblait ne plus accepter grand-chose des autres Tysts.

Alors qu’il quittait le gratte-ciel tout en verre de la Stanson Energy, son téléphone portable lui rappela le planning du soir même. Un vernissage dans une galerie d’Art des petits quartiers de la ville, suivi d’un restaurant avec une connaissance. Cette connaissance souhaitait lui faire part d’une demande, d’un service. Archibald avait acceptait, par curiosité. Un Tyst ne demandait jamais rien sans rien, il se demandait ce qu’il pourrait obtenir en échange. Et puis le Tyst en particulier le connaissait bien, puisque c’était lui qui lui avait proposé ce vernissage. Archibald n’avait pas pour habitude d’aller dans des galeries si petites. Il ne sortait voir des tableaux que si ceux-ci valaient la peine. Il n’avait pas non plus pour habitude d’aller voir des peintures d’humains. Elles manquaient de tant de choses. Pourtant, il se disait aussi que ce n’était pas certain qu’il y soit totalement insensible. Alors pourquoi pas ? Après tout, tant qu’il y avait des tableaux, ça ne pouvait pas lui déplaire à cent pour cent n’est-ce pas ? Et puis cela présageait une bonne soirée en perspective, tableaux et restau.

Il se posta debout sur le bord du trottoir et son chauffeur débarqua aussitôt. La ville commençait à s’agiter, la soirée approchant, le soleil tombait entre les bâtiments et les verres commençaient déjà à se rempli dans les bars. Alors qu’il regardait le paysage défiler, Archibald finit par se demander si c’était une si bonne idée que cela… Les quartiers qu’il parcourait n’étaient pas de son goût et il hésita, jusqu’à la dernière minute, à demander à son chauffeur de faire demi-tour. Finalement, ils arrivèrent et Archibald descendit du véhicule, accueilli par son « ami ». Les retrouvailles passées, peu chaleureuses entre deux Tysts, ils entrèrent dans le bâtiments et on leur apporta une coupe de champagne. L’autre Tyst l’entraîna aussitôt voir les toiles d’un homme, plutôt connu par les temps qui courent, dont les toiles commençaient à prendre de la valeur. Archibald écouta son ami lui déblatérer des choses qu’ils ne faisaient que répéter de bouches visiblement peu connaisseuses en la matière. Il finit par le quitter, très peu intéressé par ce qui se disait, et n’ayant pas du tout envie de faire d’effort ce soir.

Alors qu’il marchait à travers la galerie, promenant son regard d’horreur en horreur parmi les « ouvres » que présentaient les gens, il laissa une sorte de mélancolie l’envahir. Jamais le tableau parfait ne se présenterait à lui. Jamais personne ne trouverait le coup de pinceau qu’il manquait à sa vie. Reposant le verre de champagne – toujours plein – sur un plateau qui passait par là - accompagné de son humain porteur – il finit par s’arrêter pour observer deux femmes. La première, vaporeuse, dénudée, immobile, sans vie, s’effaçait pour donner de l’importance au monde qui l’entourait. Elle semblait avoir enfin compris où était sa place. L’autre, debout, bien vivante, perdue dans ses pensées, semblait hypnotisée par la première. C’était un spectacle intéressant. Archibald mit environ une minute à cerner les pensées de cette femme, à comprendre que c’était elle qui avait peint la toile. Il esquissa un sourire arrogant et moqueur quand il lut à travers ces pensées ce qu’elle ressentait vis à vis de ce tableau. Intéressant. Il s’approcha et se plaça à côté d’elle pour observer la toile de la même façon qu’elle, essayant de la voir sous le même angle que cette âme en peine.

« Le coup de pinceau est intéressant mais maladroit. Le problème avec les humains, c’est qu’ils laissent trop leurs sentiments envahir les couleurs et empêche à l’objet de s’exprimer par lui-même. »

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Tu la tiens dans ta main. Tu as l'détonateur juste à côté du coeur. La bombe humaine, c'est toi elle t'appartient. Si tu laisses quelqu'un prendre en main ton destin, c'est la fin. © by anaëlle.
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Quand un vernissage change une vie


Je suis totalement perdue dans mes rêveries, plus rien n’existe. J’ai souvent la fâcheuse tendance à abandonner mon enveloppe charnelle pour disparaître dans les méandres de mon esprit. Parfois je crois qu’il vaut mieux, ça m’évite d’avoir envie de vomir sur mon existence toute entière. Les clients ne recherchent de toute façon pas une personne, juste une enveloppe qu’ils pourront souiller à loisir. Alors que je sois présente émotionnellement parlant ou pas ne change pas grand chose à leurs petits plaisirs. J’observe cette silhouette se mouvoir devant mes yeux. Je la vois, tantôt vaporeuse, tantôt charnelle, s’agiter devant mes yeux spectateurs, ne manquant pas une miette du spectacle qu’elle m’offrait, me délectant de cette intimité volée. Mais elle a beau s’offrir à moi, je sais que jamais elle ne prendra la peine de se retourner et de me faire face, son dos m’offre son indifférence et son dédain. J’existe sans exister, elle ne se laissera pas dompter, luttant jusqu’au bout pour cette petite parcelle de liberté qu’elle a réussi à préserver. Jamais on ne verra son visage, jamais on ne partagera ses sentiments les plus profonds, elle les emportera avec elle pour l’éternité. Et j’aime cette lutte perdue d’avance, j’aime l’idée que quoi que je fasse, elle gagnera toujours. Jamais personne ne pourra l’atteindre. IL ne pourra pas l’atteindre ! Aucun homme ne pourra la souiller plus qu’il ne l’a déjà fait, elle est en sécurité dans cette toile, préserver à jamais du mal qui ronge l’homme. Le temps lui non plus n’a plus d’emprise sur elle, elle restera à jamais jeune, belle et en bonne santé. La maladie ne l’emportera pas, ne transformera pas son corps, ne la détruira pas de l’intérieur.

Et puis soudain je sens une présence à mes côtés. Immobile, j’essaye de ne pas me laisser distraire par cette ombre qui plane au dessus de moi. Au début, je pensais que c’était mon professeur de dessin ou la propriétaire de la galerie d’art, venant me sermonner sur ma passivité. Je ne devrais pas rester seule, prêt d’une de mes toiles, si je veux pouvoir vendre quelque chose, il faut que je sache vendre mon produit. Vendre, savoir me vendre … S’ils savaient. Je me vends tous les soirs à un inconnu différent. Je pense que je n’ai rien à apprendre de ce côté là. Je ne suis pas une personne timide ou réservée. Je sais user de mes charmes quand le besoin s’en fait sentir et je pense avoir les réactions appropriées pour plaire aux autres. Mais faut-il encore que je le décide. Alors oui, les gens sont tous différents, attendent donc des choses assez différentes et ne réagissent pas de la même façon. Mais le schéma de base n’est pas si différent d’une personne à une autre, c’est un mythe de croire le contraire.Mais ce n’est ni l’un, ni l’autre. Je n’ai aucune critique de ce genre, la voix qui résonne à mes côtés et bien différente et le discours ne laisse pas réellement de place au doute quant à la nature de mon inconnu. "Tout le monde ne naît pas insensible !" Dis-je d’une voix calme, laissant apparaître un sourire en coin au moment où je me tournais vers lui. "Et parfois les sentiments ont beaucoup plus d’importance que l’objet en question !" Repris-je tout aussi calmement. Je ne suis absolument pas contre les critiques, surtout quand elles sont constructives, mais cela ne signifie pas que je partage l’avis des gens. Je ne prétends pas que ma technique est parfaite, de ce point de vu là, je suis assez d’accord avec lui, ma technique est assez maladroite. Mais je ne suis pas d’accord avec lui, je pense que les sentiments ont bien leur place dans le tableau et qu’ils lui offrent toute sa profondeur bien au contraire. "Vous peignez ? … Monsieur … ?" J’aime bien savoir à qui j’ai à faire. Je sais que c’est un Tyst, il est trop arrogant et hautain pour n’être qu’un simple humain. Mais qui est-il ? Et quel est son lien avec la peinture. N’est-il là que pour étaler sa science ? Est-il un acheteur potentiel ou juste un chieur ? Il aura au moins eu l’avantage de me faire sourire, c’est toujours ça de pris !



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