On the boulevard of broken dreams ± Oxana

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Sometimes I wish someone out there will find me
I walk a lonely road, The only one that I have ever known, Don't know where it goes, But it's only me, and I walk alone, I walk this empty street, On the boulevard of broken dreams, Where the city sleeps, And I'm the only one, and I walk alone

C’était la seule promesse que je pouvais lui faire à Oxana; pour toujours et à jamais. La seule que je m’engageais à tenir jusqu’à mes vieux jours où j’allais enfin quitter cette vie. Peut-être est-ce irréaliste dans un sens, mais j’aime croire que ce sera possible, qu’à jamais je serai avec elle, peu importe le vent et les intempéries que nous aurons à vivre. Ça je le sais. Je le sais parce que c’est déjà comme ça et que ça le restera toujours. Je me contentai de lui adresser un petit sourire en coin. Cette fille était carrément ma vie en entier.

Son visage se modifia en tentant de montrer un visage choqué. J’haussai un sourcil. Bien que je ne la prisse aucunement au sérieux, je la connaissais beaucoup trop pour ça, il y avait quelque chose de spécial dans son faciès. Qu’elle tente toujours, après tout ce temps, de jouer à la comédie. Ses expressions, je les connaissais et c’était facile de savoir si elle bluffait ou pas. Un air moqueur se dessina sur le mien. « Ton auguste fessier? » Mon rire se joignit au sien. Sans même qu’on s’adonne à des jeux d’adultes entre nous deux, le fait que de passer l’une à côté de l’autre, il pouvait arriver qu’une main parte et aille s’écraser sur le popotin de l’autre. « Je trouve qu’elles se claquent bien tes fesses, ça fait un bruit agréable! » Je tirai la langue en signe d’amusement avant de me tranquilliser.

Mon air se rembrunit un petit peu alors qu’on discutait de la conversation que j’avais surprise. Je poussai un soupire de découragement. « Il y a quand même des limites à vouloir nous empêcher de vivre… Je veux dire, techniquement nous sommes supposées pouvoir partir, même si aucune de nous ne le fait vraiment, c’est un choix que nous sommes en droit d’avoir… Seulement, il s’arrange toujours pour nous tenir par les couilles pour nous empêcher de partir… » Je lui jetai un regard en coin. « Et même sans ça, je veux dire… et je m’excuse de la façon dont ça va sortir… Si les filles ont des filles, il va tenter de mettre la main dessus pour en faire des travailleuses comme nous et si ce sont des garçons, il va s’en servir comme travailleurs du sexe parce qu’il commence à avoir une demande pour ces garçons où sinon il va s’en servir pour nous surveiller ou trouver des recrues. Son problème c’est seulement que dès que le ventre grossi la fille ne peut plus travailler un bon moment. C’est ça qui l’enrage et encore plus si c’est une fille qui rapporte… Pour ça qu’il n’a jamais apprécié la grossesse de ta mère et n’a pas voulu de la tienne… T’es une de ses poules d’or… Il a besoin de toi! » Je l’admirais mon amie. Oui, parce que si elle avait pu, elle aurait eu cet enfant. Elle l’aurait aimé et aurait fait une magnifique maman. J’aurais été la tante un peu débile sur les bords qui fait des gui-gui-gou-gou. C’est le mieux que je puisse être pour un enfant!

Mon rire franchit mes lèvres sans que je puisse retenir quoique ce soit. Ouais, probablement que je vais devenir la folle aux chats. Habitée seule dans un appartement avec une quarantaine de chats. Ouais, je crois que ça me conviendrait. « Bah au moins on penserait à t’inviter à notre mariage! Tu serais notre demoiselle d’honneur! » Dérive ensuite sur l’alcool. Je suis une grande consommatrice d’alcool, souvent je me lève avec une énorme gueule de bois, mais bien honnêtement je crois qu’Oxana est bien pire que ma personne. Enfin disons que c’est beaucoup plus régulier… Peut-être parce que j’ai appris à modérer un peu plus… En même temps, je ne peux pas lui en vouloir, c’est une façon d’oublier… Je la comprends fortement. Je portai une nouvelle fois la bouteille à mes lèvres et je fermai les yeux sous l’effet brûlant du liquide dans ma gorge. J’ai la gorge légèrement irritée entre la gorgée de café trop chaude que j’ai prise alors qu’il sortait du percolateur et d’avoir crié toute la soirée hier par-dessus la musique trop forte. Mais c’est bon, c’est délicieux! J’ai envie d’oublier moi aujourd’hui. J’ai envie de ne plus me soucier de rien, de pouvoir rire sans raison, de me sentir libre et légère, de me sentir quelqu’un d’autre que moi… Moi, l’être misérable qui sert de jouet.

Un sourire à mi-chemin entre l’amertume et la mélancolie se trace sur mon visage alors que tout naturellement, la bouteille refait le chemin de mes lèvres. Je sais bien que ça va nous prendre une éternité récupérer l’argent et c’est bien ce qui me fait le plus chier dans toute cette histoire. Moi aussi je veux mon coin de paradis. Avec elle, oui, avec elle. Là où personne ne pourrait nous déranger à moins qu’on le veuille. Là où on ne serait jugée par rien d’autres que par nous-même. Là où je pourrais faire ce que je veux, quand je le veux, avec qui je le veux. Là où si je voulais je pourrais embrasser, cajoler, voir même faire l’amour à ma meilleure amie sans que personne ne pipe mot ou nous regarde d’un drôle d’air… Parce que ça ne se fait pas avec sa meilleure amie! Ça brise une amitié… mais nous en avons dépassé l’amitié. Parce que nous sommes comme un vieux couple qui vit plein d’infidélité, mais qui jamais ne se sépare…. Parce que l’important c’est nous!

Mon visage s’illumine finalement que je démontre un air extrêmement ravi pour elle. « Meuh! C’est don’ ben cool! Je suis tellement contente pour toi! Déjà si tu peux commencer à t’exposer ce serait vraiment chouette et après qui sais! Tu pourrais peut-être vraiment ouvrir une petite boutique et te consacrer à ton art! C’est tellement beau en plus ce que tu fais. » Je suis comme ça moi, toujours très enjouée quand il lui arrive enfin quelque chose de bon dans sa vie! Ça fait changement de la tristesse perpétuelle dont elle est composée! « J’essaierai de prendre congé pour t’assister! Et si jamais ça ne fonctionne pas j’irai le lendemain matin, mais je veux voir et célébrer avec toi ton exposition! » Je lui adressai un large sourire et me collai contre elle, vraiment joyeuse pour elle. Si ça pouvait enfin débloquer pour elle! Le monde des artistes était un milieu de compétition féroce, de requins… Je savais qu’elle désirait se faire connaître et bien que je n’eusse aucun contact pour elle, je serais bien la première à aller vendre ses toiles, ses œuvres, la première à tout faire pour l’aider à se sortir les pieds de la merde de la prostitution. Ce genre de bonne nouvelle avait tendance à m’enlever toutes mes mauvaises idées. « On fête ça ce soir! Toi et moi! Tu veux faire quoi? »

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Megsie & Oxana

On the boulevard of broken dreams


Je lui souris en retour. On est peut-être naïves mais on le vit bien. La vie entière, l’une avec l’autre est un bien doux rêve, à comparer de ce que l’on vit actuellement. Cela ne durera peut-être pas, mais je veux profiter du temps que nous passons ensemble, sans penser à demain. Peut-être que demain, l’une de nous contractera une maladie mortelle. Peut-être qu’une de nous se prendra une tarte de trop dans la tronche ou alors qu’elle se fera écraser par un camion ou aura un accident de voiture. Bref, je crois que je préfère mille fois imaginer que ce serait la vie et un malheur incontournable qui viendrait nous séparer, plutôt que nous qui nous éloignons petit à petit ou même brusquement. Je l’aime cette petite bouille adorable, il n’y a pas à dire. Elle parle de fessées et je ne peux m’empêcher de rire à tout cela. Non mais quelle blague. Elle relève les termes “auguste fessier” qui l’ont fait beaucoup rire. "Oui Madame, auguste fessier ! Cette appellation ne te plaît point ?" Dis-je en prenant un air faussement vexé. Elle me dit qu’il se clape bien et qu’il fait un bruit, selon elle, agréable. Cela ne me fait que marrer encore plus. "C’est parce que je fais du sport, tout de suite on sent la différence ! C’est plus tonique, musclé, tout ça tout ça ! " Je fais beaucoup de choses dans ma vie, mais pas particulièrement du sport. J’ai une vie déjà bien compliquée, je n’en rajoute pas une couche avec une nouvelle activité sportive. Je ne prétends pas que je n’en fais jamais, parfois j’ai besoin de décompresser ou de me défouler, mais ce n’est pas quelque chose que je fais tous les jours ou de façon régulière. Je crois que je préfère sortir me mettre la tête à l’envers, plutôt que de faire de la gym ou un truc du genre. Si je suis un peu maigrichonne, c’est que j’ai une bonne constitution de base, que je ne pense pas forcément toujours à manger et que la drogue y joue grandement, qu’on ne se cache pas la face. A mon avis, le jour où j’arrête tout, je deviens bouboule et là, je pense que je serais moins baisable ...

"Entre la théorie et la pratique, il y a toujours un monde. Techniquement on est des femmes libres, mais dans les faits, on ne l’est pas tant que ça. Si on commence à parler de départ ou autres, il nous recadre assez rapidement. Déjà la tête qu’il a fait quand on lui a dit qu’on s’était inscrit à la fac, pour assurer notre avenir … C’est bien qu’on est deux femmes têtues, sinon on aurait lâché rapidement." Et c’est vrai. Moi je suis là parce que je l’ai voulu, pour Megs’ c’est vrai que c’est assez différent, il ne lui a jamais vraiment laissé le choix. Mais si je veux, techniquement parlant, je peux partir, tout plaquer. Ma mère est morte, je n’ai plus de traitement à aider à payer. Mais je reste, parce que c’est de l’argent gagné facilement, que c’est quelque chose que je connais, parce qu’elle est là et que je ne la laisserai pas derrière moi et qu’actuellement, j’ai besoin de tunes. Alors je me plains, je râle, je le maudis, mais je suis un peu coupable de tout ça aussi. Je suppose qu’il aurait réussi, d’une façon ou d’une autre, à me mettre la main dessus tôt ou tard, mais il n’a même pas eu besoin de se prendre la tête, je me suis offerte sur un plateau d’argent. J’étais conscience de tout ce qu’elle disait. C’était évident qu’il aurait essayé de mettre la main sur mon enfant quand il aurait commencé à devenir intéressant. Fille ou garçon, personne n’est vraiment à l’abri. Mais je me serais enfuie, ça j’en suis persuadée. J’aurais pris mon gosse, ma meilleure amie et on se serait barrés dans un autre pays, loin de ce taré. "Je sais, j’en suis consciente. Je sais que sans le cancer de ma mère, il aurait trouvé un moyen de me mettre dans le bain quand même. Mais il existe toujours la fuite ..." C’est certainement très utopiste de penser comme ça, mais je crois que j’aurais essayé, si je n’avais pas eu le choix. Aujourd’hui, ce n’est plus aussi difficile de faire de faux papier, d’avoir une nouvelle identité, de refaire sa vie ailleurs.

"J’espère bien, ce serait la moindre des choses vu comment vous m’auriez viré de l’équation !" Je m’imagine parfaitement en jolie demoiselle d’honneur, au mariage de mon chat et de ma meilleure amie. Quelle réunion émouvante et cérémonie prenante. Je nous y vois déjà ! Il y aura certainement beaucoup de prétendant malheureux, que je devrais consoler, mais je pense que je m’en sentirai capable, après tout, moi aussi j’ai besoin qu’on me console …  Je porte la bouteille à mes lèvres pour en boire quelques gorgées, avant de la tendre à Meg’. Je pose ma tête contre le tissu du hamac et ferme les yeux. On est bien ici, je suis vraiment contente de pouvoir y venir assez régulièrement, ça fait toujours un bien de fou. Rien que nous, seules au monde, tranquilles, loin de nos vies de folies, loin de son père, que demander de plus ? "Ca va être mon baptême de feu, je vais avoir d’autres avis, en dehors du tien et de celui de mon prof de dessin. Non pas que je ne vous fais pas confiance, mais je pense que les gens auront moins de scrupule à me faire des remarques négatives !" Dis-je en plaisantant. Je sais qu’elle le pense vraiment, qu’elle aime ce que je fais et j’adore l’entendre dire ça, on ne va pas se mentir, même si ce n’est que son avis, peut-être pas totalement objectif et avec un oeil de néophyte, ça ne change pas que ça me rassure. Si elle aime, alors ça va ! Je crois que c’est son avis qui compte le plus. Je ne prétends pas que l’avis d’un vrai expert dans le domaine ne m’intéresse pas, mais sentimentalement parlant, il vaudra moins que le sien. "Il y a fort moyen que tu bosses à ce moment là, mais c’est pas grave, tant que tu la vois, c’est le plus important, quand importe peu !" Dis-je en souriant. Je le pensais vraiment, le tout c’est que je pouvais partager ça avec elle, que ce soit le soir du vernissage ou après m’importait peu au fond. Elle voulait qu’on fête ça et j’étais partante, surtout si c’était avec elle, mais de là à avoir des idées, il y avait encore un monde ! "Te peindre !" Dis-je soudainement, sourire aux lèvres !



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AVATARS PAR old money. et hedgekey
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