Sign of time - Clyde

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De son rire, se trace des lignes sur sa peau. Les rouages du temps, ressentir ressemble à ça... des cartes dessinées sur nos peaux.


J'ouvris un œil, puis deux, pour me rendre compte que le réveil n'avait pas sonné... j'étais en retard encore. Quelques minutes pour me tourner, m'asseoir sur le rebord du lit, et attester, par l'horloge accrochée dans la cuisine... que oui j'étais en retard. Je bus un café rapidement avec une aspirine, je m'habillais d'un jean noir, de bottines en cuir, d'un débardeur bleu et de ma veste de moto. Le reflet dans le miroir de ma salle de bain, me renvoyait un coquard... j'avais l'arcade sourcilière tuméfiée et légèrement ouverte. Encore une baston, mais cette fois ci, j'ai largement gagné. Non, il n'est pas mort, il a juste été étalé, lui et sa condescendance. Quelle idée à la con, d'avoir tenté de me coller une main aux fesses... certains n'apprendront jamais. Je brossais mes cheveux avec rapidité et peu de soin, avant de claquer la porte de mon studio. En bas, entre deux piliers de métal m'attend ma moto. Elle est magnifique, pas une rayure, rien... juste sa perfection épatante.  Je la décroche, et grimpe dessus. Quelques rues seulement, pour traverser le quartier vers le garage de mon oncle. Ce soir j'irais l'emmener en balade, elle en a besoin et moi aussi pour sûr.

Je me gare, descends de la bécane que je gare dans la cours bétonnée du garage. "Salut les gars." Dis-je à l'intention des mécanos en pleine pause clope. "Dean va pas être content, t'avais une caisse à faire ce matin." Me dit l'un d'entre eux "Dean est toujours content de me voir, je suis sa poule aux mains d'or, mon poussin." Il éclate de rire, et je rentre dans le garage. "Il était temps." Voilà comment Dean m'accueille. "Tigrou t'a encore loupé le coche, penses tu que d'ici 2200 tu vas enfin arriver à l'heure le matin?" J'embrasse sa joue trop proprette depuis qu'il est proprio et plus mécano. "Rien n'est moins sûr, mais je tente... je t'assure. Je vais me changer." Je n'écoute pas la suite de sa moralisation du matin, et pose casque, veste etc... dans le casier qui m'appartient. J'attrape le bleu de travail, que j'enfile sur mon pantalon, et que je noue à ma taille, Dean déteste quand je fais ça, ça l’agace que je rentre le soir avec du cambouis plein mes bras nus. Moi je m'en cogne, c'est pas l'inverse qui va me rendre plus désirable et plus populaire non plus.

Je m'allume une clope dans le vestiaire et je sors de là, comme si tout était normal. "Ta clope Tigrou..." Me dit il, avant de m'indiquer la fameuse bagnole à faire. Elle est pourrie, franchement je m'en passerais bien de ce cadeau. A 13h, c'est à dire, 2 heures après que je sois arrivée, tout le garage alla prendre sa pause, me laissant seule à tenir la boutique. Allongée sur le dos, sur une planche à roulette, je finissais de réparer la fuite d'huile de ce tas de boue... les jambes sortant de la voiture. Je chantonnais une chanson en tête, n'entendant pas la venue d'un client. C'est les pieds, que je voyais sous ma caisse, qui m’indiquèrent qu'il y avait quelqu'un. Je glissais de dessous la voiture, pour capter au dessus de moi... un mec... non un Tyst. "Chouette... je peux vous aider?" Je me relevais pour me mettre en face de lui, essuyant mes mains noircies d'huile. J'attendais qu'il ne parle, attrapant une clope non loin, pour l'allumer. "C'est pour vous ou pour un véhicule?" Lui lançais-je comme premier pic. Et oui boite de conserve qui parle, je suis en train de me payer ta tête, et avec le sourire en plus.


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Tu te lèves aux aurores, comme d'habitude. C'est même étonnant que tu dormes, pour la plupart des gens. Pour les humains. Beaucoup d'entre eux ne vous voient que comme des robots, ce n'est donc pas compliqué d'assumer qu'en guise de sommeil il suffit seulement de vous brancher quelque part. Mais c'est bien plus complexe que ça. Cela dit, les grasses matinées sont inconnues pour les Ombres. Ou n'importe quel Tyst, en allant sur ce chemin. Parce que l'efficacité commence à l'heure à laquelle on ouvre les yeux. Amelia a insisté pour te voir sitôt éveillé alors tu as enfilé une chemise et un jean rapidement pour te rendre dans son bureau. Pas une mission mais un compte-rendu détaillé demandé pour la précédente. Tu hoches la tête, te souvenant parfaitement bien de la mission. Andrew Keller, livré au Conseil la veille. Un défectueux enragé, mais encore une fois, sans que personne ne le voit. Du moins c'est ce qu'il sera écrit dans ton rapport. Si tu mentionnes la fille, tu sais que ça finira mal. Et Lisbeth a ce quelque chose que tu ne pourrais pas nommer et qui t'a tout de suite perturbé. En un sens, elle te rappelle Willem. Une innocence juvénile qui n'est que factice alors même que sur ses épaules repose de trop lourdes responsabilités. Tu connais le refrain. C'est là que tu te souviens du couteau. Tu quittes Amelia le plus rapidement possible, lui promettant de déposer le rapport sur son bureau avant la fin de la journée. Et tu planches dessus une bonne partie de la matinée, tu peaufines les moindres détails visant à faire oublier ce qu'il s'est réellement passé. Tu doutes que le défectueux se trahisse. C'est l'un des premiers que tu vois avec cette folie dans le regard, l'âme déjà noircie par sa nouvelle conscience. Cette partie enterrée de toi se demande si tu finiras dans le même état lorsque ce qui gronde au fond se réveillera, mais tu n'y prêtes aucune attention. Pas encore prêt à assumer la déficience de ton esprit.

Tu finis toutefois par abandonner le rapport à moitié entamé pour te diriger vers le garage. Là se trouve tous les véhicules des Ombres, réunis au même endroit. Par souci de pratique, chacun possède le sien, dans un emplacement prévu. Tu rejoins le tien où t'attends ta moto, enfile le casque, les gants et la veste que tu as récupéré un peu plus tôt dans ta chambre, et monte dessus. Dans la poche en cuir, le couteau. Celui tombé que tu as ramassé, dont tu t'es servi pour le tuer. Celui qui n'est pas à toi et que tu dois rendre. Maintenant, avant que le poids n'en devienne trop lourd. Les Tysts, Ombres ou pas, ne sont pas faits pour avoir une vie privée. Aussi tu t'arrêtes à l'université.

C'est après ça, après cette rencontre bien trop étrange, que tu découvres les deux pneus de ta moto complètement crevés. T'aurais presque envie d'y foutre un coup de pied, juste pour l'agacement. Il faut croire que dans le quartier, les Tysts ne sont pas spécialement les bienvenus. Ou bien y a des petits cons partout. L'un comme l'autre, tu peux rien y faire de toute manière. La dépanneuse arrive dix minutes après ton appel, et vous voilà partis pour le garage le plus proche. Le trajet ne dure pas longtemps, et encore heureux. T'es pas celui qui fera la conversation, surtout pas à un humain. Humain qui disparaît directement après avoir laissé la moto devant la porte du garage. Tu rentres donc, regarde autour de toi, pour tomber sur ce qui s'apparente le plus à une paire de jambes, sous une voiture. La jeune femme qui les possède finit tout de même par te voir et se relève. Sa remarque ne te fait ni chaud ni froid. « C'est qu'elle a de l'humour en plus. Pour ma moto, on vient de me crever les pneus.» Une perte de temps, c'est tout ce que c'est pour toi. Mais il devenait évident qu'Amelia ne devait jamais savoir ça, il n'aurait pas pu appeler l'un de ses confrères. Après tout, Clyde, qu'est ce que tu foutais à côté de l'université ?

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Je ris doucement à sa remarque. C'est con, parce qu'à bien y regarder... ces foutus Tysts avaient juste bousillé de beaux mecs et de belles nénettes. ça doit être triste de ne rien ressentir, je pourrais pas, rien que la sensation d'une peau contre une autre... ou d'un simple câlin. Je me demande s"il ressente de la joie en bouffant, ou en se douchant tiens... question con, probablement non. Dommage pour ce Tyst, il est dans un quartier pas top, pas spécialement tourné vers le culte du Tyst, mais c'est Dean qui accepte les clients de tous horizons, alors ok pour moi. ça me fait du fric aussi, par ricochet. Je le regarde longuement sans parler, je veux savoir combien de temps va passer avant qu'il ne capte que je l'observe avec insistance. Le sourire toujours vissé sur les lèvres. Malheureusement pour moi, je ne peux pas continuer mon petit test, les mecs rentrent de leur pause déjeuner, et j'écrase ma clope à peine finit par terre. "Okay allons voir ça." Dean nous regarde passer, il regarde si je traite bien le client surtout que c'est un Tyst. Une magnifique moto blessée devant mes yeux. J'aurais presque une petite larme pour la bécane, pauvre de toi, ton propriétaire est moins évolué que toi ma belle. "Okay 700, et je vous les change en..." Je regarde ma montre "20 minutes." J'attends pas vraiment la réponse, je lui retire la béquille et je la fais rouler vers l'intérieur. "Je vous conseille de pas trop sortir de la cours... les gens ont faim ici... une boite de conserve ça donne toujours envie."

Okay mon humour est ce qu'il est en cet instant, mais c'est tellement tentant mine de rien. Je pose la bécane sur le bras articulé, et appuie sur le bouton, pour qu'il l'a soulève. Du coin de l’œil, je regarde le mec. Il a pas l'air à l'aise quand même, pour un sans cœur et sans âme. Je n'arrive pas à le quitter des yeux, me mordille la lèvre, avant de reprendre le travail, pour éviter de faire une connerie. "Qu'est ce que vous faisiez dans le quartier? Une parade pour vos droits divins?" Lui demandais-je en enfilant mes lunettes de chantier, allant me baisser pour dévisser les écrous des roues. Le problème avec ces modèles, c'est qu'il faut tout démonter, les roues et les pneus. "Diego, tu peux me sortir deux pneus de 20?" Ce n'était pas la taille réelle, là je retirais du 16, mais le 20 irait bien mieux, surtout qu'ils ont une double résistance, moins facile à crever. Je le coupe avant qu'il ne me reproche de lui changer ses roues, si jamais il avait eu envie de le faire. "vous allez voir, ça sera moins chiant de rouler sur sol glissant... Je vous la rend plus pratique."


Diego revient avec les deux pneus, qu'il fait rouler sur le sol. "Okay? Et si c'est pas aussi top que je vous le dis, je vous devrais une bière. ça vous fait pas rouiller? "

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Le silence s'éternise, sans doute un peu trop pour toi. D'ordinaire t'en es plutôt adepte, mais disons que t'es pas forcément habitué à traiter avec d'autres que des Tysts, et dans la même journée t'as eu une discussion avec une métamorphe et une humaine. Y a de quoi chambouler les habitudes, y a pas à dire. Et puis tu ne sais jamais sur qui tu tombes. Des haineux il y en a partout, ceux qui te craignent aussi, mais ceux là tu les croises rarement. Parce qu'ils disparaissent avant que tu n'arrives, parce que de toute manière ton boulot c'est pas spécialement du social. Y en a aussi qui vous admirent secrètement. Les facultés qu'eux non pas, ça créé des jalousies. Mais toujours, à chaque fois, les sentiments qui reviennent, leur absence qu'ils ne comprennent pas. Et toi, les défectueux, tu les as vu faiblir à vue d'oeil. Parce que tu n'as pas l'impulsivité de la haine ou le poids de l'amour pour t'arrêter. Il y a quelques temps tu aurais vendu tous tes confrères s'ils s'étaient retrouvés dans cette position, et tu sais pertinemment qui signera ton arrêt de mort le jour où ton état s'aggravera. Amelia. Ta propre demi-soeur. Et tu ne lui en veux pas, en réalité. Parce que tu seras complètement foutu, cassé. Mais pour le moment tu vas bien, pour le moment rien n'a changé, continue à te dire ça et peut-être que tu pourras vivre les sept prochaines années. Sûrement pas plus, faut pas se leurrer. Mais si le silence se montre presque pesant, tu n'es pas celui qui le brise, ce n'est jamais le cas. Tu finis par la suivre pour lui indiquer l'endroit. Même si finalement, il n'est pas si dur à trouver. « C'est bon pour moi.» L'argent, ça n'a jamais été un problème. Faut dire que sans plaisirs, sans loisirs, on en fait pas grand-chose. Ton logement et ta nourriture sont payés par le Conseil, toi tu dépenses pas tellement, et quand tu dépenses … Bah c'est pour ta moto. Et vingt minutes, c'est pas grand chose, t'auras sans doute même pas à expliquer ton absence. Tout pour le mieux, en somme. Tu secoues la tête. « Je sais plutôt bien me défendre. Mais je n'ai rien à faire d'autre donc je vais attendre ici.» Tu ne relèves pas sa blague, de toute manière elle semble tenir à ses boîtes de conserve, c'est pas toi qui va la contrarier.

Tu la regardes travailler en silence. Tu te demandes brièvement si ça la gêne d'être observée mais tu lui poses pas la question, pas tout de suite du moins. Toi tu t'y connais moyennement en mécanique donc tu te contentes d'observer. T'as les bases, assez pour t'en sortir quand quelque chose tourne pas rond, mais tu pourrais certainement pas en faire ton métier. Pas fait pour ça, pas éduqué dans ce sens, ça a jamais été ton rôle, point à la ligne. « Je cherchais quelqu'un.» Laconique, tu n'allais tout de même pas raconter ta vie à la première inconnue que tu croises. Mais c'était un fait, ces derniers temps tu t'interroges beaucoup trop. Pas sur l'ordre établi, mais sur ceux qui s'en plaignent. « Les droits des Tysts n'ont rien de divins, si on en est là, c'est qu'on a fait les choses pour.» Autrement dit, se plaindre ne changerait pas le monde. Bien entendu tu ignores tout de la rébellion, sinon t'aurais sans doute fermé ta gueule mais tu peux pas t'empêcher de réagir. Si tu pouvais, tu serais sans doute véritablement agacé par cette fille.

Tu la vois défaire les roues pour en changer, mais avant que t'aies pu dire quoique ce soit, elle se justifie. Sans doute parce qu'elle se doutait que malgré tout, les Tysts n'étaient pas spécialement grands amateurs de changement. Le protocole X en était la preuve, même si peu en connaissait les conséquences réelles. « Je ne suis pas un robot, hein. J'en ai peut-être l'efficacité, mais peu d'autres caractéristiques. » Tu prends une pause. « Et je ne bois pas de bière. » De l'eau, tout au plus. Tu lui coûterais pas cher au moins. « Pas d'alcool, en général. » Et pas de cigarettes. De toute manière, elles ne donnent que des maladies, alors pourquoi raccourcir sa vie intentionnellement ? C'est au-delà de tous tes principes. Ou des principes Tysts en général. «ça vous dérange si je regarde ? »Tu l'as posée ta question finalement. Non pas que ce soit réellement un problème si elle te dit que non, mais c'est quand même une base de bienséance.

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Je cherchais quelqu'un. Voilà ce que j'eus pour toutes réponses. "Ah." ça c'était ma réponse. En fait, je m'en tape un peu de la vie d'un Tyst et de ce qu'il peut faire de ses journées. Mais quitte à passer 20 minutes ensemble, autant que ça rapporte quelque chose, même un bref échange en fait. Il répond à mon pic, de manière froide et maîtrisée. "Je suis pas totalement d'accord, si on en est là, c'est parce qu'un abruti, à décider un jour, d’annihiler les émotions d'une race, qui était... et bien la sienne... et tada! Vous êtes apparu... fiers et forts... droits comme des i, manquant de la plus basique capacité d'empathie ou même de sympathie... ce qui vous a fait arriver au pouvoir... et donc... nous les autres, on a subit." Mais ça ce n'était que mon avis, il fit tiquer Karl non loin de moi, ils avaient un peu peur de mes réactions, j'étais à vif souvent, et trop sur le fil du rasoir pour mon propre bien. En fait, guidée par mon sentiment aigu d'injustice, je préfère l'ouvrir plutôt que de courber l'échine. Je m'essuie le front, je le coupe pour parler des pneus, si d'aventure il aurait envie d'argumenter sur ma propre tirade. Il accepte en fait, il n'allait pas pinailler, j'aime pas les gens qui pinaillent sur le service que je leur apporte. Il se défend de ne pas être un robot, j'éclate de rire, mais ce n'était sans doute pas un blague. "Oh... okay, mais vous ne prenez aucun plaisir avec de l'alcool, de la bonne nourriture, ou encore... une agréable compagnie... au final, vous vous rapprochez plus du robot que de l'humain..." En fait le débat allait repartir, et peut être y aurait il un débat intéressant... pas la froide et implacable loi morne et stérile du Tyst... peut être... Il me coupa la pensée directement, lorsqu'il me demanda s'il pouvait regarder.

Je pinçais les lèvres pour le regarder, m'approchant même plus près de lui. Plus près que n'importe quel client, sondant son regard, alors qu'il venait de poser une question d'intérêt. J'aurais voulu éterniser encore cet échange, mais il ne fallait pas éveiller les soupçons de quoique ce soit. Je tendis la main vers une clé posée derrière lui, qui pourrait expliquer alors mon rapprochement, et retournais vers la bécane. "Oui, vous pouvez." Je fis ce que j'avais à faire, en maîtrisant chaque geste, prenant un soin tout particulier à m'occuper de sa moto. Je faisais ça pour la moto bien sûr, pas pour lui. "Aimez vous, conduire cette moto? Partir loin pour aller voir ailleurs si vous y êtes? ça vous arrive?" J'avais posé la question, sans méchanceté, sans  être narquoise ou mesquine. C'était une vraie question en fait, pouvait il ressentir l'appel de la liberté? Je me relevais l'écoutant, puis appuyais sur le bouton pour faire redescendre la bécane sur le sol. Une courte vérification de pression d'air dans les pneus et nos chemins se sépareront. C'était sans compter ce qui entra dans le garage. Il était furieux, riait à gorge déployée de manière cruelle, et il portait dans sa main la tête, tranchée d'une femme... Je restais un peu tétanisée sur place, ne comprenant pas trop ce qu'il se passait. "Je l'ai buté cette sans cœur... et je ressens de la joie!!! Je suis comme vous, je ressens des choses!!" Tonna t-il. Et je compris rapidement, qu'il s'agissait d'un Tyst à qui il manquait une case ou deux...


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Tu souris, sans rien dire, du moins au début. C'est une erreur commune que de croire que les Tysts en sont arrivés là seulement parce que les émotions gâchent les humains. Tu es d'avis que c'est le cas, mais ce n'est pas ce qui vous rend fort. Le pouvoir, vous l'avez d'une bien autre manière, c'est ça qui fait peur aux humains, qui se cachent derrière l'injustice pour justifier le fait que l'on vous craint. Mais la crainte, derrière ça, c'est bien ce qui prouve que vous n'êtes pas là par hasard. Ce n'est pas le manque d'émotions qui vous rend dangereux, et elle le sait pertinemment. Selon toi, c'est même ce qui vous modère le plus, alors que ceux qui ressentent ont bien trop tendance à se laisser porter par la haine. Toi tu n'as pas ce problème puisque de haine tu ne connais que le nom. « Si ça vous … Comment vous l'exprimez, vous, les humains … Soulage de penser qu'il n'y a rien d'autre de plus forts en nous que l'absence d'émotions, je vous laisserais dans votre opinion. L'importance n'est pas dans ce que vous pensez mais dans ce qui est. Les Tysts sont plus complexes encore que ce que vous dépeignez mais je ne me fais pas d'illusions, tout le monde n'a pas la capacité de nous comprendre.» C'est dit sans animosité aucune, notamment parce que tu es incapable d'en ressentir. C'est juste un constat, non tu ne penses pas qu'elle puisse réellement comprendre la nature de ceux qu'elle côtoie de loin. Il est plus facile de forger son opinion par les rumeurs, et des rumeurs il en court beaucoup trop ces derniers temps. Ne pas tenter de comprendre, c'est le propre de ceux qui subissent une force qu'ils sont trop faibles pour combattre. La faiblesse, toi tu ne la connais pas encore. Pas à ce point en tout cas. « Dites moi … Que vous apporte l'alcool et la bonne nourriture ? De ce que j'ai pu en observer, notamment des pertes de mémoire et de contrôle, pour le premier, et la nourriture en abondance vous rend plus lent, moins efficaces. Et les pauses déjeuners qui peuvent durer des heures … Vous n'avez pas l'impression de perdre du temps ? » C'était une réelle question, en réalité. Toi ce que tu voyais des humains, c'était beaucoup d'inaction pour quelques résultats. « Et pour ce qui est du contact physique comme vous semblez le suggérer, il me semble plus destructeur que le contraire. » Faillir à ta concentration, à ton but, c'était ça ton cauchemar, encore aujourd'hui. Te laisser aller à ne serait-ce que l'un de ces vices humains et sans doute que ce serait déjà la fin de l'époque où tu pouvais croire que tu n'avais aucun problème.

Elle s'approcha un peu, te sondant du regard. Tu fronçais les sourcils, sans savoir pourquoi cette situation te mettait aussi mal à l'aise, finissant par détourner le regard pour le diriger de nouveau vers ta moto, comme pour fuir un examen trop approfondi. Si toi tu commences à sentir que quelque chose ne va pas, peut-être valait mieux éviter que quelqu'un d'autre ne le remarque, pas vrai ? Sa question te sortit de nouveau des pensées de ton esprit. « Je ne le fais jamais sans raison, mais je préfère ça aux voitures de manière générale. » Plus rapide, plus discrète, en un sens, t'étais beaucoup mieux sur ta moto. Et la vitesse, ça te prenait aux tripes, faut bien l'avouer. C'était bientôt la fin, tu le sentais. Bientôt, tu pourrais reprendre ta moto et repartir comme si cette journée n'avait pas existé, et sans doute que t'as bien besoin de ça. Il n'y avait pas de raisons qu'Amelia découvre ta discussion avec une Featherstone, pas vrai ? Mais bien entendu, c'était sans compter ta chance. Ton regard se sentit automatiquement attiré vers celui qui venait d'entrer. Il ne te fallut pas plus d'une demi-seconde pour analyser la situation, la folie dans les yeux du Tyst, la tête tranchée dans sa main. « Et merde... Ne bougez pas, ou ça pourrait vite dégénérer.» Bien entendu, c'était faible, dans le sens où l'homme avait déjà tué une femme. Rien ne disait qu'il ne voulait pas continuer dans sa lancée. Tu t'avances doucement, ta main s'approchant de la poche où sommeille ton couteau. Tu te sens légèrement con de pas avoir pris plus, mais pour ta défense tu pensais pas vraiment en avoir besoin. Tu examines le Tyst. Celui-ci tu ne le connais pas, de toute évidence c'est pas ton job de le ramener au Conseil. Mais forcément celui de celle qu'il venait de tuer. Tu reconnais une Ombre. La vingtaine, sans doute pas plus, elle était encore en formation y avait pas un mois, t'en étais certain. « Tu l'as pas ratée celle-là pas vrai ?» C'est là qu'il te remarque, toi, le Tyst de l'assemblée. Tu sais pas ce que tu lis soudainement dans ses yeux, de la peur, de la haine, un mélange des deux, mais il se met à crier pour se ruer sur toi. D'un geste tu l'esquives pour lui attraper le bras qui venait de lâcher la Tyst, le mettant au sol, ton couteau sous sa gorge. C'est pas comme si t'avais pas l'habitude des défectueux. « On va se calmer tranquillement et rentrer à la maison, ça te dit, pal ?» Tu pensais réellement que c'en était fini. Du moins pour le combat. Mais c'était loin d'être le cas. D'un coup dans le thorax il se dégagea, te laissant au sol reprendre ta respiration. T'es momentanément hors service, et lui semble encore plus furieux que jamais.

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En fait c'était très clair comme situation, un peu flippant mine de rien. Le Tyst taré fonce sur nous, et bien sûr son acolyte l'arrête dans sa lancée. J'aurais pu me concentrer sur quelque chose d'autre, que cette foutue chanson qui tournait dans ma tête. " I don't know where I'm going - But I know if I showed you" Comme si, le cerveau heurté par une vraie violence, préfère céder de l'espace pour un what the fuck total. Le Tyst client, va narguer le Tyst taré, et c'est comme dans un putain de cauchemar, pour moi j'entends. "I would follow, I would follow you - Even in the darkest places - Even in a dangerous way" Sérieux trop de Tyst là... Il attaque, forcément hein j'ai envie de dire, c'est pas comme si on pouvait se parler normalement! Comme des gens civilisés, je sais pas trop pourquoi, je vais récupérer l'arme coincée sous un meuble en métal. "I will follow, I will follow you - I will follow - I will follow you" Un pressentiment? Un truc qui fait que ouais, les humains et leurs sentiments, et bien ça peut servir, même le plus badass des Tyst. Et finalement, je pointe l'arme en ligne de mire, sans voir vraiment Dean qui me fait signe de retrait à la place.

Le coup part, je crois que c'est la première fois, que je tue quelqu'un. On pourrait croire qu'avec la violence que je mets dans mes bastons, je suis quelqu'un de méga dangereuse. Mais non... je n'ai jamais tué personne. J'ai pété des côtes, des dents, fais saigner, crier et pleurer des gens, mais non. Personne, je n'avais encore tué personne. La musique dans ma tête s'arrête, et j'ai l'impression que le temps a suspendu sa course aussi. Le Tyst tombe en arrière, un tir franc... une balle dans la tête. J'aurais pu me sentir bien, d'avoir buté un Tyst, mais non, j'ai quand même l'impression d'avoir tué un être humain. Et là, j'ai envie de vomir... Mon corps rejette ce que mes yeux voient, ce que mes mains ont fait. Je lâche l'arme qui s'écrase sur le sol, et mon regard est vide. Envolée l'arrogante humaine, d'il y a quelques minutes. "pardon." Murmurais-je juste, comme si un seul mot pouvait effacer ce que je venais de faire, avec l'arme de Daniel en plus. S'il me voyait, il se dirait qu'il a manqué quelques trucs dans mon éducation. Je ne sais pas trop quoi faire, pendant ce laps de temps, tout le monde s'est figé, et je suis restée là avec mon crime sur les bras. Pourquoi avais-je tiré au juste? Ma vie n'était pas menacée, au pire il aurait buté l'autre Tyst... non, je l'avais protégé.

Mes mains tremblaient maintenant, et mes jambes ne me portèrent plus très longtemps. Ils allaient probablement me juger, je serais emmenée par les Ombres, et on aura plus de mes nouvelles, je vais disparaître quelque part dans un fourré. Je voudrais avoir le raisonnement de prendre mon téléphone pour envoyer un message de SOS à la rébellion, mais je n'en suis pas capable. Je réussis à me relever, je ne veux pas entendre ce que l'autre à, à me dire, le protocole va suivre son cours je le sais. C'est avec de la panique dans le regard que je lui adresse un mot. "Désolée." Et titubante, je me dirigeais vers ma moto dehors, j'échappais à Dean qui tentait de me retenir, et in extremis, je réussis à monter sur ma bécane et à la faire démarrer. Tracer loin... partir loin maintenant. Fuir tout simplement.



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Le coup part, tu l'entends, il te fait perdre l'ouïe pendant un bref instant. T'es sonné mais tu reprends vites tes esprits, assez pour te dégager du macchabée qui vient de te tomber dessus. T'entends les mots de la jeune garagiste, t'as aucune idée de pourquoi elle s'excuse. Tu tentes de te relever tant bien que mal, ça te prends quelques secondes, assez pour qu'elle s'éloigne. Et pendant un moment tu analyses la situation. Elle aurait pu te laisser te faire tuer, elle aurait pu profiter de ce moment où le tyst était occupé pour appeler les flics. Ta mort contre la paix. Tu ignores réellement les conséquences de cet acte, mais elles risquent fort de ne pas être bonnes, surtout pour elle. Un Tyst mort, c'est une preuve en moins du Dysfonctionnement, c'est certain. Mais si tu connais le Conseil au moins pour quelque chose, c'est bien pour vouloir masquer leur faiblesse. Leur plus grosse faiblesse. Et quoi de mieux que de rendre le tyst sain pour l'opinion public et de faire de l'humaine l'ennemie numéro un ? Alors pourquoi, pourquoi agir ainsi, pourquoi se compromettre sans aucune assurance de pouvoir s'en sortir ? Les humains tu ne les comprends pas. On ne peut pas dire non plus que tu aies essayé longtemps, c'est un fait. Mais il ne te faut pas longtemps pour prendre une décision. C'est à ça qu'on t'a formé, la prise de décisions rapide, le mouvement plutôt que l'inaction. C'est à ça que tu sers, et c'est à ça que tu es bon. Tu ne comprends pas non plus le semblant de sentiment qui te prend alors que tu devrais en être dénué. Sans doute que plus tard tu l'identifieras. Tu te sens redevable, parce que tu vis alors que tu aurais clairement dû mourir quelques secondes plus tôt. Tu sais que le mieux pour toi serait de laisser les choses ainsi. Mais tu ne peux pas te le permettre. Tu attrapes par le bras celui qui vient de tenter de retenir la jeune femme. Il semble résister, un éclair de peur passe dans son regard, contrastant au tien, froid, implacable. « Elle n'a tué personne, je l'ai fait. Est-ce qu'on se comprend ?» Il semble incertain, pas sûr de voir où tu veux vraiment en venir. Mais il hoche la tête et tu finis par le lâcher, pour attraper l'arme maintenant au sol. Toujours les gants sur tes mains, c'est ce que tu préfères, ne pas ressentir le passif de l'objet, ça te cause beaucoup trop de mal, surtout ces derniers temps. Mais cette fois tu seras obligé de le faire. Tu attrapes un chiffon laissé là, l'avantage de te trouver dans un garage, pour essuyer tant bien que mal les traces qu'on pourrait y trouver. Non pas que tu penses qu'ils aillent les chercher mais t'es jamais trop prudent, pas vrai ? Et ensuite, tu enlèves tes gants.

Tu n'as qu'à toucher l'arme pour que les quelques minutes précédents te reviennent. Le coup de feu, le tyst, la mort dans chacune de ses facettes. S'il y a bien des jours où tu voudrais ne pas avoir ce pouvoir, c'est bien des jours comme celui-ci. Une fois tes empreintes sur l'arme tu la poses pour saisir ton téléphone. Tu sais parfaitement qui appeler. « D230, Downtown.» Tu dis rien d'autre, de toute manière Amelia n'est pas vraiment du genre à aimer les mondanités. C'est elle ton contact, le lien entre toi et les autres, et elle le restera. Même pour ce genre de cas. « Oui.» Elle te parle franchement, sans doute se trouve-t-elle en lieu sûr. Mort ? La question est bien plus complexe que ce simple mot. Tout est dans ce qu'elle ne dit pas. C'est toi ? Oui, c'est toi. Bien sûr que c'est toi, quel idiot d'humain le risquerait ? Une demande. L'adresse s'il te plaît. Sans la politesse bien sûr. « Tout de suite. » Une pause, une réponse à l'autre bout du fil. « Entendu.» Tu raccroches avant de te tourner vers tous les gens présents. Il faut que tu te dépêches sinon tu ne la rattraperas jamais, la jolie blonde. Et si dans son état il n'y a pas deux morts à la fin de la journée, ça tiendra du miracle. « C'est la fin de la journée, rentrez chez vous, maintenant. Si dans cinq minutes tout n'est pas bouclé, vous serez embarqués.» Tu montes sur ta moto et démarres. D'ici que tu rentres au QG, faudra tout de même que tu songes à te trouver une excuse. Mais elle ne devrait pas être très difficile à traquer. Après tout, t'es fait pour la chasse.

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Emploi/Études : garagiste à Downtown
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De son rire, se trace des lignes sur sa peau. Les rouages du temps, ressentir ressemble à ça... des cartes dessinées sur nos peaux.


J'ai du mal à respirer dans mon propre corps, je ressasse non stop ce que je viens de perpétrer. J'ai tout laissé là bas, mes clés, mon fric, mon ID card, tout. Y'a que mes clopes dans la poche de mon bleu de travail, et je ne vais pas aller bien loin avec ça. J'ai envie de boire, de hurler, de me noyer peut être même. Je roule jusqu'à la mer... c'est la seule preuve de nature dans les alentours, le monde a bien changé, il n'y a plus d'arbres pour nous cacher. Je rêve de temps en temps d'un forêt où m'oublier, mais non... les collines alentours sont tristes et si quelques fleurs existent encore, elles sont faites de plastique dans des vases vides. Je sais pas ce que je raconte, je délire, je m'arrête, je gare la moto et je marche sur l'espèce de langue de sable qui sert de plage, la ville au loin, et je me prends la tête entre les mains. Je tourne et retourne sur moi même, j'ai tué un homme aujourd'hui, plus rien ne sera pareil?

Finalement je m'arrête, pose les mains sur mes cuisses, me penche en avant et respire, je tente de contrôler la nausée et finalement je pousse le plus grand hurlement de tous les temps. Il se perd dans le néant, ce silence aseptisé. "Je l'ai tué." Une moto s'arrête derrière moi, je sais qu'il est là, je sais qu'il va m'embarquer, les mains tremblantes, je vais récupérer mon paquet de cigarettes dans ma poche et m'en allume une. "J'ai combien de temps... avant que le reste de la cavalerie, ne se pointe?" Dis-je alors à haute voix, sans pour autant lui faire face, ce qui me perturbe le plus, c'est les larmes qui glissent sur mes joues. J'ai pas envie de mourir pour un putain de Tyst taré... Que devient la légitime défense, ce terme a lui aussi déserté les rangs de notre langage, c'est bien triste. "Je voulais pas vous sauver, je vous exergue tous autant que vous êtes... mais..." Je me tus un instant pour tirer une late de ma clope. "Mais je suis humaine et je déteste la violence injustifiée... du coup... c'est affreux... j'ai l'impression d’avoir tué un être humain."

Je me tourne vers lui, la larme finissant sa progression, et je plonge mon regard dans le sien. "Y'a un truc chez vous... je l'ai sentit quand vous m'avez demandé si vous pouviez regarder... Du coup c'est.. con c'est mon instinct qui vous a protégé..." Je tends mes mains vers lui, pour qu'il me passe les menottes. "Faites ce que vous avez à faire".

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Tu n'hésites pas longtemps sur la route à prendre. Partir loin de tout, rouler, prendre de la distance, la discussion d'un peu plus tôt te donne assez d'indices pour que tu sortes de la ville. Et où pouvait-elle aller si ce n'est près de la plage, seul endroit plus ou moins préservé et assez loin des territoires métamorphes? C'était un coup de poker mais tu le tentais. Et comme un soulagement, tu finis par entendre le bruit de sa moto. T'accélères jusqu'à te retrouver à une distance raisonnable, jusqu'à ce qu'elle s'arrête. Elle ne risquait pas d'aller bien loin de toute façon, pas dans son état, sauf si son but était de planter sa moto dans le décor et de finir en morceaux. Tu t'arrêtes un peu en retrait, assez loin pour lui laisser son espace, et descend lentement. Tu connais pas grand-chose aux humains, voire rien. C'est pas comme si on te formait pour que tu comprennes tout ce qu'ils ressentaient, l'idée même d'émotions est étrange puisque tu ne peux pas vraiment t'identifier. On t'a toujours dit qu'ils étaient inférieurs, et oui, toi aussi tu le penses, parce qu'ils n'ont pas ce que toi tu as. Ces facultés qui te rendent spécial, qui te rendent puissant à ta façon. Si tu vois les métamorphes comme des animaux, tu vois les humains presque de la même façon. Mais certains arrivent à te plonger dans l'incompréhension la plus totale. Comme celle-ci. C'est sans doute ainsi qu'une personne réagit lorsqu'elle est face à un cauchemar. La mort, pour toi, ce n'est rien. Tu n'as pas peur de mourir comme tu ne ressens pas la culpabilité à l'idée d'enlever une vie. Mais eux se mettent des barrières que ton éducation t'empêche de sentir, eux semblent dévastés rien qu'à cette idée. Si la mort est ton environnement, si tes missions t'amènent parfois, bien trop souvent, à ôter une vie, les états d'âme qui devraient l'accompagner tu ne les connais pas. Alors tu observes sans mot dire, en attendant qu'elle reprenne son souffle, qu'elle se calme. Mais quelque part, tu sais même pas pourquoi tu es là. De toute évidence tu ne comptes pas la livrer, il est bien trop tard pour ça alors que tu as déjà menti pour elle. La tenir informée ? Qu'elle ne devienne pas une fugitive alors qu'elle n'a aucune raison de l'être ? Tu ne devrais même pas t'en soucier. Voir son nom, que tu ne connais d'ailleurs pas, sur la liste de tes cibles ne devrait pas t'émouvoir. Alors si t'es là, c'est pour la comprendre elle, cette race inférieure dont tu n'as que faire, ou te comprendre toi, qui finalement te sent lié d'une quelconque façon à elle ?

Tu veux lui répondre mais elle ne t'en laisse pas le temps. Tu veux la rassurer, lui dire qu'il n'y a que toi, mais est ce que t'es capable de le faire, avec ton ton froid et indifférent, est ce qu'elle aurait pas l'impression que t'essaies juste d'endormir sa méfiance pour la poignarder dans le dos ? Parce que c'est la réputation que vous avez, Tysts, incapable de ressentir, incapables de comprendre la souffrance humaine. Et ce n'est pas une mauvaise chose, à voir comment ils réagissent aux émotions. « Ce n'était pas un être humain. C'était beaucoup plus que ça.» Et ça tu le penses sincèrement. La mort d'un humain lui aurait sans doute valu un séjour prolongé en prison. La mort d'un Tyst … Sans doute qu'elle n'aurait pu espérer revoir la lumière du jour. « Je n'ai pas besoin de protection.» Bien sûr, tu serais mort à l'heure qu'il est si elle n'avait pas tiré sur l'intrus. Mais c'était ainsi, c'était comme ça. Abrupt, tu ne sais vraiment quoi dire, quoi faire. T'es en terrain inconnu, et d'instinct ton comportement originel a pris le pas sur les pulsions nouvelles qui te trahissent parfois. Sûrement ce qu'elle a vu, ce qui l'a poussé à agir ainsi. Tu vois ses larmes mais tu ne fais rien jusqu'à ce que ses mains se tendent vers toi. Tu les saisis pour les baisser doucement. « Je ne suis pas là pour vous arrêter. Je suis pas un flic. » En un sens t'es pire que ça. T'aurais eu le feu vert pour la ramener en ville les pieds devant si ça avait été ton but. Mais ça, c'est toujours confidentiel. Les Ombres portent plutôt bien leur nom, y avait pas à dire. « Et puis … Vous n'avez rien fait. C'est moi qui l'ai abattu.» Tu marques une pause. « Officiellement, du moins.» Il faut qu'elle soutienne cette théorie. Elle n'aurait aucune raison de faire le contraire selon toi, mais les humains ont tendance à être imprévisibles, de l'expérience que tu en as.

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