The dreams in which I'm dying are the best I've ever had + Lisbeth

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T'es assis sur un muret qui fait face à l'entrée principale de l'université et t'attends. C'est con parce qu'il y a des chances que tu l'aies ratée, y a des chances qu'elle n'ait pas cours cette journée précise … En bref, c'est un coup de poker que tu joues là. Mais après tout, ce n'est pas comme si tu avais mieux à faire dans la journée. C'est relativement calme ces derniers temps chez les Ombres, tu dois bien le reconnaître. Un sage dirait sans doute que c'est le calme avant la tempête, mais toi tu t'en fous. Si tu dois taper sur la gueule de quelqu'un tu le feras, si tu dois passer une journée complète sous ta moto tu le feras aussi, sans grande distinction. Pour le moment, t'as laissé Willem s'entraîner seul. C'est pas que tu veux pas être là pour le gamin, mais t'es pas son père, même si parfois on pourrait bien s'y tromper. Amelia n'a de cesse de te le confier, à tel point que tu ne te poses même plus la question et que tu l'embarques dès qu'une mission de groupe t'es assignée. Mais tu ne pouvais décemment pas l'emmener maintenant, alors que tu sais que si le Conseil apprenait que tu étais parti en roue libre de la sorte, pour quelque chose d'aussi … Personnel ? Disons personnel... Tu plongerais sans doute dans un lot d'ennuis dont tu serais pas prêt de sortir.

Dans l'attente, tu tournais entre tes doigts le couteau au cœur de tes interrogations. C'était ça le fait de pouvoir lire le passé d'un objet. Que tu le veuilles ou non, t'avais ces certitudes, pas les tiennes mais celles des autres qui t'envahissaient. Cette notion de clan, de famille, si chère aux métamorphes, et cette biche aux yeux d'enfants qui te rappelait étrangement ton propre gamin. Enfin le semblant de gamin. Cette connexion étrange, celle-là même qui a fait que tu n'as pas attendu que le défectueux que tu pourchassais ne commette l'irréparable pour ensuite t'en occuper. T'es pas un héros, tu l'as jamais été, et les notions de bien et de mal ne sont pas de celles que l'on t'apprend, toi tu suis les ordres et tu ne les questionnes pas, peu importe leur contenu. Alors d'un côté faut pas te leurrer, tu l'as pas sauvée, cette fille, t'as juste attendu le moment le plus propice à ton intervention, et il est arrivé que c'était le moment où elle était encore vivante. Elle a eu de la chance et c'est bien tout. Mais le fait que tu sois là, ça ça change la donne. T'es pas encore assez conscient de ta situation pour te poser des questions, mais ça viendra, t'en fais pas.

Il a une histoire, cet objet. Une histoire que tu ne veux pas forcément connaître du début à la fin. Tu as pris l'habitude de porter des gants, ne les enlevant qu'à de rares occasions, tout simplement pour éviter que ton pouvoir ne se manifeste trop. Et s'il est efficace pour la traque, s'il t'a été utile pour savoir où trouver la jeune femme qui l'a perdu, l'intensité des sentiments que tu vois passer peut parfois te mettre dans un sale état. Tu finis toutefois par le ranger dans ta veste en cuir, alors que les étudiants commençaient à sortir de l'enceinte de l'université. Ce qu'il faudrait éviter, c'est un mouvement de panique parce qu'un mec joue avec une arme blanche devant un bâtiment scolaire. La patience est de loin la vertu que tu n'as pas. Tu observes tous les visages qui défilent devant toi sans te voir, espérant tomber sur le bon, alors même que tu pourrais rester deux jours ici sans vraiment la croiser. Puis tu la vois, au milieu de la masse, avec ses livres et tout le reste. Tu te lèves un peu précipitamment pour tenter d'arriver à son niveau sans bousculer tout le monde autour. T'es pas à l'aise avec la foule, les Ombres ne sont pas faits pour sortir et se mêler, le silence et le peu de compagnie c'est généralement quelque chose qui va avec le job. Pourtant tu fais l'effort, sans savoir trop pourquoi. « Hey ! J'ai quelque chose qui t'appartient.» Pas de détours, pas de smalltalk, de toute manière tu ne sais pas faire.

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lisbeth & clyde



Retirant la pince de ses cheveux, ils cascadèrent jusque dans son dos, libérés de toute contrainte, pendant que Lisbeth s’étirait en faisant craquer son dos. L’année se terminait tôt pour le parcours en génie informatique : son dernier examen venait de prendre fin et elle ne remettrait les pieds à l’université qu’à la rentrée prochaine. Ce qui allait lui laisser tout le loisir de naviguer entre le manoir et la tanière des Whitesun où elle avait commencé à se rendre peu de temps auparavant. Elle y était d’abord restée une semaine pour se familiariser avec les lieux, les usages, les individus - et quels individus - avant de se concentrer sur les examens. La fin de ceux-ci marquait le début d’un entraînement plus poussé, voulu par sa mère, surtout, mais aussi par son père et par les autres membres importants du clan pour que la maîtrise de son loup soit des plus efficaces. Sur l’écran virtuel qui lui faisait face, Lisbeth entra son nom et son mot de passe, chargea son projet final sur la puce liée à son dossier puis éteignit son poste. Enfilant son cuir, ramenant ses cheveux par-dessus, elle attrapa son sac qu’elle passa à une épaule, coinça ses manuels papiers - étrange qu’en 2145 dans le cursus lié à l’amélioration et la conception de systèmes informatiques avec une spécialisation en intelligence artificielle comme elle l’avait choisi, le papier serve encore - sous son bras et descendit les marches en verre de l’amphithéâtre pour déposer sa puce sur l’emplacement qui lui était réservé. La jeune femme salua son professeur avant de quitter définitivement la pièce où seulement une vingtaine d’élèves travaillaient d’arrache-pied. Elle était la première à avoir terminé son rendu ce qui, loin de l’inquiéter, fit naître un sourire sur son visage. Elle se savait douée dans ce domaine, n’imaginait pas étudier autre chose, et savait que, pour cette troisième année dans son cursus, elle serait encore la première de sa promotion. Cela se jouait toujours à quelques millièmes de points avec un autre étudiant, un Tyst, celui-ci la devançant dans certaines matières, Lisbeth le devançant dans d’autres, pour qu’au final ils soient toujours en tête de leur groupe.

La jeune louve amorça son départ de l’université au moment même où les cours de l’après-midi se terminaient. Plongée dans la foule d’étudiants, elle se fondit parmi eux, se laissant porter par les bruits et les odeurs qui tourbillonnaient tout autour d’elle. C’était toujours plus fort quand elle venait de se transformer, et elle adorait cette sensation de tout sentir, de tout entendre, d’être plongée au coeur même de la foule sans que cette même foule n’en ai seulement conscience, aussi espérait-elle qu’à force d’entraînement, cela finira par devenir habituel et constant. Sortant son téléphone de la poche de son jean, elle le déverrouilla et rétablit la connexion qu’elle avait coupée pour son examen, constata qu’elle n’avait aucun message et pesta dans sa barbe. Elle n’avait absolument aucune envie de prendre les transports en commun et comptait sur Côme pour venir la chercher en moto, à défaut d’accepter qu’elle la conduise toute seule. Elle avait hâte d’avoir elle-aussi vingt-cinq ans et que son père se décide à lui en offrir une. Pianotant, agacée, sur le tactile translucide de son téléphone, elle envoya un message bref à son frère pour lui demander de venir la chercher. À défaut, elle rentrerait à pied, mais l’idée d’un tour en moto n’était pas pour lui déplaire. En attendant, le pâle soleil lui permettrait de patienter à l’extérieur. Le muret faisant face à l’entrée de l’université serait un endroit parfait pour attendre son frère en toute tranquillité. Du moins, c’est ce qu’elle pensait jusqu’à ce qu’une voix étrangement familière l’interpelle. Lisbeth tourna légèrement le visage en comprenant qu’on s’adressait à elle et observa l’homme qui s’avançait dans sa direction, se glissant entre les étudiants qui continuaient de sortir de l’université en un flot ininterrompu. Elle baissa les yeux pour voir s’il tenait quelque chose entre ses doigts : rien. Cependant, il ne lui était pas compliqué de s’imaginer de quoi il parlait. Il avait beau faire sombre ce soir-là, Lisbeth y voyait plutôt clair - un autre avantage d’être une métamorphe - et elle était, de plus, extrêmement physionomiste avec une mémoire à toute épreuve. Aussi était-elle sur que cet homme était le même qui s’était interposé entre elle et un type violent qui en voulait à sa personne et qui s’était éclipsé avec ledit type. Et le couteau à cran d’arrêt de Lisbeth que le type lui avait subtilisé avant qu’elle ne puisse s’en servir, cadeau de son père pour ses quinze ans. Si ce n’était pas ça dont il parlait, elle ne voyait vraiment pas de quoi il pouvait s’agir. Salut. Quoi donc ? demanda-t-elle en fixant son regard dans le sien, surprise de la dureté qu’elle y lisait et qui était si familière aux Tysts.

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Tu ne sais pas trop pourquoi tu es là, à attendre qu'elle sorte, cette étudiante que tu as à peine vu la première fois. Peut-être parce que tu n'es pas un grand adepte de l'inactivité, peut-être parce que tu te dis que tu ne devrais pas t'encombrer d'un objet qui ne t'appartenait pas. Mais alors tu aurais tout aussi bien pu le jeter dans la première benne croisée, après avoir remis le Tyst dans les mains du Conseil. Mais tu ne l'as pas fait. Parce que ton pouvoir te connecte avec les choses bien plus que le commun de ton espèce. Si tu n'as pas notion du bien et du mal, par manque de peur peut-être, tu sais qu'au fond, tout doit rester à sa place. C'est aussi ainsi qu'on t'a fait voir le monde depuis le début, depuis ta naissance. Prédestiné à devenir un Ombre, tu n'as jamais failli à cet avenir qui semblait tout tracé pour toi. Mais tu n'en avais eu aucun désir, tout bonnement parce que du désir, tu n'en ressens pas. Aucun Tyst digne de porter ce titre ne s'abaisserait à contrer les demandes du Conseil, et tu fais bien partie de ceux-là, du moins le penses-tu encore. Mais tu restes toujours loin de la foule, cependant. Ton entraînement t'as au moins appris que le recul était la clé pour une vision toujours plus nette. Que plus on s'approchait des choses, plus on les comprenait mal. Et tu seras le premier à valider ce fait là. Avoir une vue d'ensemble, détachée, c'était bien quelque chose pour laquelle vous étiez doués, vous les Tysts. Ombres ou pas, l'analyse était maître de votre éducation, jusqu'à vous enlever tout ce qui aurait pu vous priver d'objectivité. Tu n'es pas aveugle, tu sais ton espèce incomprise, haïe, redoutée par tous ceux qui te croisent. Parce qu'ils ont l'habitude de vous voir, mais jamais d'aussi près. Parce que vous, vous ne vous mêlez pas à la plèbe, rares sont ceux qui se retrouveront à chercher une étudiante au milieu d'une foule de métamorphes, d'Ombres et aussi de Tysts, reconnaissables par leur pas rapide et efficace. Pas de temps pour en perdre, pas d'amis à proprement parler, les faiblesses que l'on avait tué dans l'oeuf avant même ta naissance. Une faiblesse qui n'était pourtant pas si loin, si l'on creusait un peu, mais tu n'en avais aucunement l'envie, pas pour le moment. Ne pas chercher à comprendre ce qui ne va pas pour se bercer encore d'illusions, pour éviter de voir cette date ancrée dans ton esprit, qui jour après jour se rapprochait.

Elle finit par sortir, la jeune femme. Lisbeth Featherstone, si l'on en croyait ce que tu avais pu tirer du couteau, ce que tu avais compris, ce que tu avais conclu. Tu peux te tromper, cela dit, mais tu n'y crois pas vraiment, ça ne t'arrive jamais, ce serait pas le meilleur moment pour commencer. Tu la rejoins en quelques pas, ignorant les personnes qui pourraient être avec elle. De toute façon, elle ne semblait pas avoir une quelconque discussion avec ceux qui l'entouraient, donc même s'il s'agissait de ses proches, ce ne serait pas des plus dérangeant que tu la coupes. Et quelque part, t'en avais pas grand-chose à faire, de toute façon. Elle te fixe, attendant une réponse, alors que tu glisses ton regard d'un côté et de l'autre. T'as cette interrogation de savoir si tu seras vendu par ceux présents, si le Conseil finira par apprendre que l'un de leur Tyst semble vaquer à des occupations suspectes. Le fait est que la paranoïa, elle est apparue aux premiers signes de ton dysfonctionnement, que tu en aies conscience ou pas n'y change rien. « Je pense que tu le sais.» Parce que sinon, quel intérêt aurait-elle eu à ne serait-ce que lui répondre. De la logique pure. «Mais j'aimerais éviter le genre de scènes qui donnerait l'impression de faire du trafic juste devant l'université.» T'es pas à l'aise et ça changera pas. Tu sais pas comment ils font, tous les jours, pour subir cet effet de masse, de troupeau. Mais certains aiment ça, contrairement à toi.

Tu soupires. Tu sais pas comment la convaincre de tes bonnes intentions, si tant que tu en aies. Tu hausses les épaules, légèrement las. Tu passes déjà beaucoup trop de temps sur cette conversation, et elle vient à peine de débuter. « C'est un objet important. Pour toi. Je suppose.» Une phrase dans le désordre, t'aurais de toute manière pas pu faire mieux. La psychométrie fait partie de toi, mais tu te vois pas vraiment l'expliquer à une étrangère. Métamorphe qui plus est. « Mais je me trompe peut-être.»

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Il rompt le contact visuel, mais Lisbeth a déjà imprimé ce qu’elle a vu dans son regard : quelque chose qu’elle remarque chez tous les Tysts qu’elle croise, un truc, une dureté, une absence totale de la moindre émotion si caractéristique à cette race. Il regarde à droite et à gauche et la jeune femme ne peut s’empêcher de se demander ce qui vient perturber cette tranquille assurance également caractéristique des Tysts. Est-ce qu’il attend quelqu’un ? Est-ce qu’il s’assure qu’il n’y a personne ? C’est plutôt mal barré dans les deux cas étant donné la foule d’étudiants qui continue de couler hors de l’université. Quoique. Il a bien réussi à la trouver, elle et ce n’était pas forcément gagné d’avance.

En effet, elle se doute bien de la raison de cette conversation. Ça a forcément un rapport avec l’incident de l’autre soir et avec son couteau, probablement, puisqu’il a dit avoir quelque chose lui appartenant. Par contre, s’il pense qu’elle va gentiment le suivre dans un coin reculé pour lui éviter la peine de donner l’impression de faire du trafic juste devant l’université, il se fourre le doigt dans l’oeil. Lisbeth a peut-être l’apparence d’une jeune fille de bonne famille naïve et trop douce pour se défendre ou attaquer, ça n’est en grande partie qu’une impression. Quelles que soient ses intentions, si tant est qu’un Tyst puisse en avoir des bonnes, elle n’endormira pas sa méfiance et sa vigilance si facilement. Parce que tu crois que je vais te suivre à l’écart, uniquement parce que tu le demandes ? Elle se retient d’être ironique, prend le ton d’une réelle interrogation, car il n’est pas question de l’énerver. Premièrement parce qu’il est en possession d’un objet cher à son coeur qu’elle souhaite récupérer, deuxièmement parce qu’elle l’a rapidement vu à l’oeuvre quand il s’agit de se battre et qu’elle est bien trop prudente pour énerver un type avec des aptitudes pareilles. Même en plein milieu d’une foule.

C’est très étrange, cet air qu’il a. Elle en côtoie, des Tysts, la plupart de très très loin, mais il y a par exemple son rival attitré en matière de cours, et s’il y a bien une chose qu’elle a retenu depuis tout ce temps, c’est qu’ils sont impassibles et qu’ils sont réellement arrivés à ne plus rien ressentir. Soit disant pour les rendre plus efficaces, si on en croit les manuels d’histoire. Ils sont ce qu’ils sont, Lisbeth ne s’en préoccupe pas plus que ça temps qu’ils ne viennent pas frôler les frontières de son clan et de sa famille. Bien qu’elle soit grandement indifférente à ces êtres dénués de toute vie, il n’en reste pas moins qu’elle en a déjà croisé, et ce qu’elle a retenu de ces rares interactions ne lui aurait jamais permis de parier sur le fait que l’un d’entre eux viendrait lui rendre un objet auquel elle tenait - même si ça, il ne pouvait pas du tout le savoir. Ils étaient plutôt du genre à le jeter à la poubelle s’en y accorder la moindre attention. Le type l’étonna une nouvelle fois en affirmant que c’était un objet important pour elle. Effectivement, mais comment pouvait-il le savoir ? Est-ce qu’il allait se barrer avec si elle lui disait qu’elle n’y tenait pas ? En effet avoua-t-elle. Tu comptes me le rendre ou pas ? Ses doigts qui se tendent dans sa direction, paume vers le ciel, entrouverts pour accueillir le couteau. L’autre type, t’en as fait quoi ? Impossible de s’en empêcher, sa curiosité l’emporte, veut savoir, même si son instinct lui souffle déjà la réponse.

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Tu regardes autour de toi sans penser que Lisbeth elle aussi, t'observe. Tu ne fais confiance à personne, c'est bien ce qu'on t'a appris toute ta vie. S'attendre à tout pour ne pas faiblir, ne pas être pris par surprise. Et c'est clairement quelque chose dont tu n'as pas besoin aujourd'hui. Non pas que tu te dises que les tysts présents sont une menace, la plupart ne te remarquent même pas et ceux qui le font passent juste leurs yeux sur toi, pratiquement sans te voir. Mais tu ne veux soulever aucune question. Parce que ces étudiants ont des parents et certains, pour ce que tu en sais, pourraient être affiliés au Conseil. Et tu connais leurs prises de décisions. Tu n'as aucun intérêt à apparaître sur leur liste. Ou même qu'ils connaissent ton identité. Tu n'es rien d'autre qu'un outil pour eux actuellement, et tu donnerais cher pour rester ainsi aussi longtemps que possible.

Bien entendu, tu t'attendais à ce qu'elle proteste. Qui ne l'aurait pas fait ? Quelqu'un de totalement stupide ou de bien trop naïf sans aucun doute, et elle ne semblait rentrer dans aucune des deux catégories. Ce n'était pas étonnant, elle n'était pas n'importe qui. Bien entendu, c'était loin de t'arranger, mais il fallait faire avec ce qu'on avait. Surtout que vous ne bougiez pas d'un poil, et si ça ne semblait pas encore suspect, ça pourrait le devenir bien trop rapidement. « Je ne te demande pas de me suivre dans une ruelle sombre. Marche avec moi.» Je lui indiquais le sens du flux, les étudiants qui marchaient vers le bout de la rue pour, sans doute, rentrer chez eux. Il y avait du monde même au bout, peut-être là accepterait-elle de te suivre. Le manque de confiance chez les tysts n'était pas nouveau, mais tu ne lui voulais rien de mauvais. Le fait même que tu n'insistes pas prouvait ta bonne foi, mais encore, t'étais loin de savoir ce qui semblait étrange ou pas, les conversations banales étaient loin d'être monnaie courante là d'où tu venais. Tu te mettais en route, le pas lent.

Si en l'espace de quelques minutes, tu avais bien compris quelque chose, c'est qu'elle n'abandonnait pas facilement. Les doigts ouverts dans ta direction, elle demandait son bien. Rien de plus naturel, en effet, mais tu ne pus t'empêcher de te demander ce qui la pressait tant. Sans doute le fait que la relation entre Tysts et Métamorphes était loin d'être parfaite, même tout le contraire. Mais c'était le cas avec pratiquement tout le monde. Un monde où tous étaient reclus et où seuls marchaient les accords commerciaux. De ta poche tu sortis le couteau que tu lui remis. « Voilà. » Mais elle n'abandonna pas là. C'était un défaut commun de beaucoup, la curiosité, tu t'en rendais compte. Des questions, toujours des questions, tout le temps et sans de vrais arrêts. Parce que les réponses elles en donnaient souvent d'autres que l'on avait pas, et c'était un flot continu qui n'avait pas de fin. « C'était trop tard pour lui. » Ils ne sont pas tous ainsi, les défectueux. Tu le sais au fond, qu'ils ne sont pas tous dangereux, pas tous assaillis par ces nouveaux sentiments qu'ils ne peuvent contrôler et qui les rendent fous. Mais toi tu t'occupes de ceux qui finissent ainsi. C'est comme ça, c'est ton rôle. Et tu le revois te supplier de le tuer, ensuite. Les larmes pleins les yeux comme aucun Tyst parcourant les rues. Parce que c'était trop, parce qu'il ne le supportait plus. « J'ai fait ce que j'avais à faire. Mais j'ai lavé ton couteau.» Un semblant de blague, comme pour lui enlever de l'esprit ce que tu venais de lui dire. Parce que t'es trop direct, tu ne te caches pas autant que tu le devrais. Ou alors parce que quelque part la connexion que tu as avec elle te pousse à éviter le mensonge. Tu ne sais pas, tu ne cherches pas.

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Il semble tenir à ce que leur immobilité se termine, pour une raison qui échappe complètement à Lisbeth. A-t-il la bougeote ? Ce n’est définitivement pas l’image qu’elle se fait des Tysts, qu’elle imagine plutôt indifférents, stoïques, qu’importe la situation. Cependant, sa demande est plus que raisonnable. S’il désire marcher, pourquoi pas, temps qu’ils ne terminent pas dans une ruelle à l’écart de toute vie humaine - ou moins humaine - dans un cul de sac duquel elle ne pourrait s’échapper, ça lui convient. Tirant le téléphone de sa poche, elle le fait tourner entre ses doigts, d’un mouvement habitué, avant de laisser son empreinte digitale le déverrouiller. Aucun message de Côme, elle a donc le temps de faire quelques pas avec ce type. D’accord répond-t-elle en agrémentant son mot d’un léger hochement de tête, rangeant son téléphone et amorçant le début de leur promenade. Quelle belle illusion, quand on savait que leur rencontre était due à une agression nocturne et qu’elle lui devait plus ou moins de ne pas avoir eu à se battre ou à subir les conséquences d’une défaite. Lisbeth n’avait pas vraiment eu le temps de riposter, se faisant prendre son couteau avant même d’avoir pu amorcer le moindre geste, ni même de se transformer, aussi n’avait-elle aucune idée de l’issue qu’aurait recouvert cette indésirable rencontre. Qu’importe, elle lui en était quand même reconnaissante, bien qu’un bout de fierté se débatte encore en maugréant qu’elle s’en serait sortie seule. Sa conscience, elle, n’en était pas si sûre.

Le pas lent, ils suivent le flot d’étudiants qui semble ne jamais finir, la tête de Lisbeth légèrement inclinée dans la direction de l’homme dont elle ne connait même pas le nom. Dont elle ne connait rien, en réalité, bien qu’elle soit certaine qu’il s’agisse d’un Tyst et pas d’un simple humain. Quant à un métamorphe, son flair suffisait à lui indiquer qu’il n’en était pas un. C’était peut-être ça qui hérissait autant le poil de sa louve, d’ailleurs. Les métamorphes n’avaient pas de très bon liens avec les Tysts, avec la majorité des humains non plus d’ailleurs. Aucune race, en fait, n’était connue pour ses liens solidement amicaux avec une autre. C’était, à son sens, bien dommage, surtout quand on pensait au potentiel qu’on pourrait retirer d’une alliance pareille. Quand bien même les humains étaient des êtres faibles et les Tysts des êtres bien trop étranges pour qu’on puisse leur faire confiance.

Finalement, elle tente le tout pour le tout et tend la main pour récupérer son bien qu’il semble être venu lui rendre. La jeune femme ne s’attendait pas à le voir tirer l’objet de sa poche et à le lui remettre sans plus se faire prier. Un regard teinté de méfiance, elle le jauge quelques rapides secondes avant de baisser les yeux sur le couteau qu’elle reconnait au premier coup d’oeil et qu’elle fait familièrement tourner entre ses doigts, jouant avec comme un tic. Merci. Elle est sincère. Il aurait très bien pu se débarrasser du couteau ou le garder pour lui, mais non, il est venu le lui rendre, ici, à l’université où… D’ailleurs, comment a-t-il su qu’elle étudiait ici, qu’elle étudiait tout court, en fait ? Comment t'as su où me trouver ? Sourcils froncés, la méfiance qui revient dans ses pupilles si expressives, alors qu’ils continuent de marcher à leur rythme.

Sa réponse énigmatique l’intrigue un peu plus, lui fait froncer les sourcils un peu plus et pique sa curiosité. Il y a les rumeurs, bien sûr, qui courent sur les Tysts, sur leurs règles, leur protocole, et tout ce qui va avec, mais elle n’est pas certaine à cent pour cent de bien saisir ce qu’il sous-entend par là. Trop tard ? Il avait l’air en pleine forme pourtant réplique-t-elle, sarcastique. Oh que oui, il lui avait paru bien portant, quand il l’avait frappée une première fois. Et tu es prévenant en plus de ça. Elle ne peut s’en empêcher, l’ironie s’empare d’elle toute entière. Encore heureux qu’il ne lui rende pas son couteau plein de sang. Ça ne lui fait pas grand chose de savoir qu’un homme a été tué avec, mais elle n’aurait pas aimé le récupéré rougeoyant. Mais merci rajoute-t-elle, d’un ton plus sincère.

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Elle finit finalement par céder et te suivre. Quelque part, tu t'y attends, ta demande est plus que raisonnable, même si elle ne doit pas comprendre son intérêt. Mais toi tu le vois, finalement, cet intérêt, alors que tu préfères garder pour toi ce qui t'as poussé jusqu'ici. Parce que serait ton avenir si l'on te voyait parler à des métamorphes sans qu'aucune mission d'aucune sorte ne t'ait été attribuée. Mais tu n'es de toute manière pas fait pour penser à l'avenir alors que ta vie, toute confiance que tu as en toi-même, t'es aussi incertaine. Tu en as vu des Ombres céder aux vices de la surestimation et sans doute que tu en fais partie. Certains arrivent même à en mourir alors qu'ils pensent pouvoir dominer toute chose et qu'ils finissent par se rendre compte du contraire. La prudence chez toi reste, dans tes actes, dans tes paroles. La confiance n'est pas présente, ce serait bien idiot de ta part qu'elle le soit. Mais il n'y a nul besoin de confiance quand l'avantage de la connaissance est de ton côté, c'est du moins ce que tu penses. C'est là, sans doute, la grande erreur de ton temps. L'un pouvant cohabiter avec l'autre mais seulement dans une certaine mesure, la surface se craquelle tellement lentement que la plupart des yeux ne le voit pas. Toi tu es en un sens obligé d'y faire face puisque tu es la limite entre ce que le Conseil tolère et ce qu'il ne tolère plus, tu es sa main contre ces derniers. Une vision un peu plus large que la majorité mais qui te rend, en fin de compte, tout aussi aveugle des choses majeures qui se déroulent dans l'ombre.

Des remerciements finalement remplacés par une méfiance caractéristique, une fois le couteau restitué. Elle n'a plus à craindre que tu le gardes maintenant, elle peut tout aussi bien décider de tourner les talons et de partir sans plus de cérémonie. Mais en fin de compte tu ne sais pas pourquoi tu ne le désires pas. Tu ne saisis pas l'importance de ton changement, pas encore, et sans doute qu'il faudra un jour que tu t'éveilles si tu veux continuer à vivre. Parce que la mort, pour les gens comme toi, elle est plus proche que pour n'importe qui d'autres. Pas humains, plus tout à fait tyst, si tu ne ressens pas le désespoir de n'appartenir à personne, ça finira par arriver, ne t'en fais pas pour ça. Humain ou évolués, puissants ou faibles, tous ont besoin d'un groupe, d'une identité. C'est comme cela qu'ils la construisent, métamorphes par leur clan, humains par leur aspiration, Tyst par leur rôle. Mais une fois que tu en seras démuni, auras-tu assez de rage pour te trouver un nouveau but, qui ne soit pas déjà écrit pour toi ? Étrangement tu n'as pas réellement envie de le savoir. Pas tout de suite, du moins.

Comment tu l'as trouvée ? Tu pourrais lui mentir, ce ne serait pas la première fois. Mais finalement, est ce que ça vaut réellement le coup d'imaginer une quelconque excuse dont tu ne suivrais pas la ligne conductrice... Tu ne le penses pas. « On peut apprendre beaucoup si on sait manipuler un objet. C'est ton couteau qui m'a guidé. » Sans compter une logique des plus basiques. Un rang haut placé, un jeune âge, on se douterait presque d'un emploi qu'elle vise avec ambition. Mais ça ce n'est que conjecture, tu ne la connais pas, tu ne peux pas le savoir. S'il le faut, elle se rêve serveuse depuis des années que t'en saurais pas un brin.

Mais elle insiste, la louve. La ressemblance avec les humains parfois peut sembler frappante, cette curiosité qui les dévore, les forçant à analyser chacune des données pour en sortir ce qui ne colle pas avec l'image dans leur esprit. En pleine forme il l'était, mais est-ce que les défectueux ressentent eux-même leur faiblesse ? Sans doute que non. Ou alors peut-être au départ, beaucoup moins par la suite alors qu'ils sont forcés à fuir, à se cacher, à montrer de violence pour espérer s'en sortir indemne. « Pourtant il était malade. » Atteint de folie, atteint de sentiments, pas vraiment certain de savoir comment le formuler sans trahir l'un des plus gros secrets de ton temps, tu t'arrêtes là. Même les tysts tombent malade, c'est un fait. Vous n'êtes pas immunisés contre tout. Tu hoches la tête à ses remerciements, sans savoir quoi y répondre, est-ce qu'il faut dire quelque chose de précis ou juste laisser couler ? « Je n'ai rien qui puisse faire office de souvenirs de mes parents. Non pas que ça importe, je ne les ai pas connu. Mais on dit que pour vous, c'est différent. » Une constatation plus qu'autre chose, sans savoir si elle compte y répondre ou t'apporter des informations que tu n'aurais pas. Peut-être une explication de la raison qui t'a poussé à le ramener.

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